Le soutien scolaire essentiel pour la scolarité des enfants syriens au Liban

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A quoi ressemble l’éducation informelle

Un mercredi après-midi au Centre de Développement de Haret Hreik d’Amel Association International, des enfants syriens entre 7 et 14 ans reçoivent une éducation informelle cruciale. 150 enfants des quartiers Sud de Beyrouth viennent de 16h à 19h, trois fois par semaine pour apprendre les concepts qu’ils n’ont pas pu apprendre à l’école et bénéficier de l’aide aux devoirs.

La différence avec l’éducation publique formelle tient au fait que l’éducation informelle ne fait pas partie du curriculum officiel émis par le Ministère de l’éducation libanais. Les cours informels sont délivrés par les ONG et autres organisations en tant qu’élément essentiel de l’éducation de l’enfant.

Environ 90% des enfants qui fréquentent le centre de Haret Hreik sont syriens. Les 10% restant sont palestiniens ou libanais ainsi qu’une minorité d’enfants soudanais. Ici, les élèves reçoivent des cours de renforcement dont ils ont besoin en anglais, en français et en arabe. Un soutien psycho-social leur est également apporté au cas par cas afin d’aborder d’autres questions importantes telles que les traumatismes, les dynamiques familiales et l’intégration sociale.

Des voix enthousiastes emplissent le quatrième étage du centre. Les enfants viennent de commencer les cours. Ils sont regroupés par âge bien que leurs niveaux d’éducation se chevauchent étant donné le manque de ressources pour pouvoir ouvrir plus de classes. Dans chaque classe, on compte environ 20 élèves pour un enseignant.

Mahmoud A. âgé de 12 ans fréquente le centre depuis quatre ans. Il apprécie toutes les matières, bien que son sujet préféré soit l’anglais. Il se sent bien ici et rêve de devenir astronaute un jour. « J’aime les étoiles ! » nous dit-il.

Sa camarade de classe, Hala k. âgé de 11 ans veut devenir professeure de français. “Le français est la matière la plus difficile pour moi, mais c’est aussi celle que j’aime le plus » dit-elle. Hala vient au centre d’Amel depuis 2 ans et est contente d’apprendre de nouveaux concepts en français toutes les semaines.

Quand les enfants cessent d’aller à l’école

L’éducation non formelle l’après-midi qu’offre le centre d’Amel de Haret Hreik est essentielle pour maintenir le taux d’inscription des enfants syriens. Le Liban accueille près de 500 000 enfants et jeunes réfugiés syriens entre 3 et 18 ans. Cependant pendant l’année scolaire 2015-2016 seuls 42% d’entre eux suivaient une éducation publique formelle. A la fin de l’année 2017, 200 000 enfants syriens réfugiés n’allaient pas à l’école.

Pour ces enfants, l’obstacle le plus important est le langage. Habitués à étudier en arabe en Syrie, ils se trouvent en grande difficulté lorsqu’ils doivent acquérir un niveau satisfaisant d’anglais et de français pour pouvoir suivre les cours de mathématiques ou de biologie dans une de ces deux langues. Les enfants qui n’arrivent pas à suivre le cursus de l’école publique libanaise finissent par abandonner, souvent encouragés par leurs parents à travailler.

Souvent, les enfants sont forcés de travailler pour apporter un revenu additionnel à leur famille. Le travail des enfants au Liban est une préoccupation majeure, sachant que les enfants des rues sont les plus vulnérables. En 2016, l’UNICEF publie une étude sur le profil des enfants vivant et travaillant dans la rue au Liban. On y apprend que ¾ de ces enfants sont des garçons, que 50% ont entre 10 et 14 ans et que pas moins de 42% d’entre eux sont totalement illettrés. De plus, ¾ d’entre eux sont syriens.

Les jeunes filles qui ne reçoivent pas d’éducation sont fragiles et sont exposées au risque de devenir des enfants-épouses. Quant aux filles qui reçoivent une éducation et qui se marient dans le même temps, elles ont plus de chance d’arrêter l’école une fois mariées. Au Liban, environ 41% des femmes réfugiées syriennes enregistrées auprès de l’UNHCR se sont mariées avant 18 ans. Le mariage est souvent l’unique solution que les parents désespérés trouvent pour améliorer leur situation financière. On trouve aussi des preuves suffisantes montrant qu’accéder et suivre une éducation retarde le moment du mariage pour les filles.

La Convention des Droits de l’Enfant lie les Etats signataires à fournir une éducation accessible à tous les enfants vivant dans le pays. Une partie de cet engagement devrait être de s’assurer que les enfants reçoivent bien une éducation informelle adéquate afin que la barrière du langage ne soit plus une raison d’arrêter l’école.

 L’éducation est une clef pour l’epanouissement des enfants 

Suivre les cours, non seulement renforce l’estime de soi des enfants et les fait se sentir accomplis, mais les motive également à continuer d’apprendre. Cela rend également les parents plus réticents à retirer leurs enfants de l’école.

Les enfants avec lesquels nous avons discuté sont très satisfaits et heureux de participer aux activités du centre.  Grace à leur intégration dans le centre, ces enfants font désormais partie d’une communauté plus large. Ils sont soutenus par huit enseignants dévoués et sont entourés de leurs amis.

« Je veux être dentiste parce que j’adore les dents!», nous raconte Mohamad H.  âgé de 13 ans. Il est venu au centre de  Haret Hreik d’Amel pendant un an et son sujet favori est la biologie.  Raed  âgé de 11 ans  vient au centre depuis trois ans et souhaite un jour devenir premier ministre.  Il ajoute « Je veux aider mon pays».

Ensemble!

Au début du printemps 2018, le projet « Ensemble » a été lancé dans le but de soutenir des enfants syriens sur le plan éducatif.  Ce projet a été mis en place dans le centre de Haret Hreik  d’Amel  afin d’offrir une éducation appropriée permettant à ces enfants de s’instruire et d’accroître leurs opportunités pour le futur. Avec le slogan « no lost generation » ce projet contribue à ce que l’avenir d’une génération entière d’enfants syriens ne soit pas perdue en raison de la guerre qui sévi dans leur pays. Il suffit d’un seul don de 300 euros par an, soit 25 euros par mois, pour permettre à un enfant de poursuivre son éducation au centre pendant une année scolaire. «Ensemble» est l’un des rares projet actif ayant pour but de  maintenir l’accès des enfants syriens a l’éducation. C’est un projet essentiel car l’éducation est un levier important pour le développement.

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– Original écrit par Alexia Faus, traduit et édité par Sari Abdallah et Ines Guedj

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