L’agriculture biologique prend son envol dans les camps informels d’Ersal, qui accueillent quelque 70 000 réfugiés syriens. Le 7 février dernier, un groupe composé de 25 Libanais et 25 Syriens s’est vu remettre des certificats à la suite d’une formation sur l’agriculture biologique qui s’est déroulé en novembre et décembre 2018 pour 100 familles, comprenant un total de 14 jours de formation par participants. Celle-ci, mise en place par Amel Association International en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial (WFP) de l’ONU et le collectif « Buzuruna Juzuruna » tend à sensibiliser les participants aux techniques de l’agriculture biologique, via différentes sessions de formation (principes généraux de l’agriculture écologique, sélection et production des semences chez soi, fabrication de biopesticides et biofertilisants “maison”.. etc) tout en les accompagnant dans la construction d’un jardin potager destiné à leur consommation familiale, soit dans le campement informel dans lequel vivent ces familles, soit à proximité de leurs maisons.

Au-delà de l’intérêt en général des techniques de l’agriculture biologique pour l’environnement ou la santé, ces méthodes traditionnelles longtemps utilisées par les agriculteurs syriens et libanais avant le développement de l’agriculture intensive trouvent un nouvel intérêt dans le contexte de la crise syrienne et s’imposent comme une « bio de nécessité » selon les mots de Lucas Win trebret, coordinateur d’Amel pour ce projet de micro-jardinage.

En effet, moins consommatrice en eau, en matières premières agricoles couteuses et difficiles à se procurer (pesticides, graines, fertilisants, etc) et pouvant s’appliquer à de très petites parcelles, ces méthodes redonnent de l’autonomie aux cultivateurs et leurs permettent d’être presque auto-suffisants en produisant eux-mêmes, et avec des produits facilement accessibles, les matières premières nécessaires à la gestion du potager.

« Grâce à cette formation, je peux désormais exercer une agriculture sans produits chimiques », nous confie Ahmad. Ce réfugié syrien d’une trentaine d’années nous montre avec fierté son petit jardin situé dans l’un des campements informels d’Ersal.

Au cours de ce projet, en plus des formations mises en œuvre en parallèle à Ersal (Bekaa nord), Khiam (Sud Liban) et à Saadnayel (Bekaa centre) , Amel Association International a distribué à chaque famille, une sélection de sachets de semences et de plants (22 variétés différentes de légumes, aromatiques et fleurs de saisons) produits par la ferme Buzuruna Juzuruna, à Saadnayel, ainsi que 5 bidons par famille de fertilisants et pesticides naturels (macération ail-piment, purin d’ortie ou de prèle, lactosérum …etc.). Soit un total de 2 500L de pesticides naturels et plus de 6 500 plants et sachets de semences, pour les 100 familles bénéficiaires du 1er cycle de formation. Des distributions successives auront lieu au printemps et en été pour ces familles et les prochaines familles bénéficiaires, et un accompagnement aura lieu tout au long de l’année.

L’objectif de cette formation est de permettre aux participants d’acquérir un savoir-faire en l’agro-écologie afin d’améliorer les apports en nourriture saine pour leurs familles, mais aussi de leur permettre d’améliorer leurs compétences en tant que travailleurs agricoles qualifiés et ainsi améliorer leurs revenus.

Au total, ce projet qui s’étend d’octobre 2018 à septembre 2019 accompagnera 300 familles de Ersal et Khiam (pour moitié des familles syriennes, et moitié familles libanaises) dans la construction de leur jardin potagers et proposera en parallèle 3 cycles de formations approfondis à 102 personnes au sein du centre de formation de Saadnayel (51 Libanais.es; 51 Syrien.es).

Pour marquer le coup, des arbres ont été la plantés dans un parc de la ville. Enfin, la remise des certificats s’est déroulée en présence de représentants d’Amel et de la municipalité d’Ersal, située à deux pas du centre d’Amel, et s’est soldée par un repas partagé entre participants et partenaires et une visite des jardins potagers.

Cet article est également disponible en anglais.

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