Ecole d'Hiver

Campus Moyen-Orient Méditerranée de Sciences Po Paris, Menton

24 janvier 2019
 Dr Kamel Mohanna Président-Fondateur, Amel Association International

Coordinateur, Collectif des ONGs au Liban et arabes

Pédiatre et Professeur, Université Libanaise

Enfance à risque !

Le Liban se trouve aujourd’hui dans un contexte d’extrême fragilité. Avec 1 500 000 Libanais vulnérables et de 1 500 000 réfugiés syriens, le pays est confronté à une grave crise et la situation socio-économique ne cesse de se détériorer. Ainsi, 76% des réfugiés au Liban vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 3,84 dollars par personne et par jour, et près de 90% d’entre eux sont endettés.[1] Selon le Samusocial International, plus de la moitié des personnes touchées par la crise sont des enfants en milieu urbain vivant dans des conditions souvent indignes et misérables.[2] La jeunesse réfugiée (15-18) constitue presque 16% des réfugiés au Liban, et en 2018, 60% des 15-17 ans sont déscolarisés. De plus, le Regional Refugee & Resilience Plan for Syria Crisis signale qu’en 2018, 78% des enfants syriens sont touchés par de violentes pratiques disciplinaires à l’école ou à la maison, et 200 000, dans les pays environnant la Syrie, sont forcés de travailler.[3]

Ecole d’Hiver Campus Moyen-Orient Méditerranée de Sciences Po Paris, Menton 24 janvier 2019

Ainsi, de nombreux enfants sont en situation de grande vulnérabilité au Liban, et représentent des proies faciles pour les réseaux informels les poussant en situations de rue. A titre d’exemple, une étude de l’UNICEF datant de 2015 démontre qu’à travers 18 régions du Liban, un total de 1,510 enfants vivent ou travaillent dans la rue.[4] Save The Children note également que plus de 50% des enfants en âge d’aller à l’école n’y sont pas inscrits, et que l’insécurité alimentaire est préoccupante, d’autant plus que la plupart des familles n’ont pas les sources de revenu leur permettant de subvenir aux « besoins de base » de leurs foyers.[5] 

Protéger les enfants vulnérables, une priorité commune

Selon l’UNICEF, certains facteurs sont responsables de ce phénomène de vulnérabilité chronique : l’exclusion sociale, la pauvreté et la fragilité des foyers, les changements démographiques. Ainsi, le crime organisé et l’exploitation des enfants[6] sont une réalité, certes honteuse, mais bien présente au Liban. Le système national étant limité dans sa capacité à identifier et protéger ces enfants à risque, beaucoup d’entre eux se retrouvent non seulement marginalisés mais en danger. C’est pourquoi de nombreuses organisations inter-gouvernementales et non-gouvernementales (UNICEF, OIT, Save the Children, …) appellent à la mise en place effective de nouvelles réformes prenant en compte les « facteurs de vulnérabilité » et assurant que les droits de tous les enfants soient protégés et défendus.[7] Cette vision rejoint la pratique d’Amel et de ses partenaires, mettant en place des réponses durables et coordonnées ayant pour objectif commun la protection de l’enfance. Les programmes mis en œuvre se concentrent sur la lutte contre la violence, l’abus et l’exploitation des enfants à échelle individuelle, familiale, communautaire ou nationale.

Dr Kamel Mohanna Président-Fondateur, Amel Association International et Ministre des Affaires Etrangeres de Monaco Gilles Tonelli

 Approches innovantes de protection : l’action d’Amel Association International 

Depuis sa création, Amel soutient les populations vulnérables au Liban, à travers un engagement actif auprès des populations locales et une approche participative. Amel est une organisation non gouvernementale et non confessionnelle, fondée en 1979 en réponse à l’agression israélienne au Sud-Liban et aux atrocités de la guerre civile libanaise. Aujourd’hui, il y a 24 centres, 6 unités médicales mobiles, 2 unités mobiles d’éducation et 1 unité mobile de protection à travers le Liban, dans les zones les plus difficiles d’accès. Actuellement, 800 personnes composent l’équipe d’Amel, se consacrant à fournir un accès universel à des services de qualité. Malgré les difficultés à mobiliser des fonds pérennes, aussi caractérisées par la « fatigue des pays donateurs », 2 400 000 services ont été fournis aux populations vulnérables depuis le début de la réponse à la crise syrienne et 10 millions de services depuis la création d’Amel dans différents domaines incluant la santé, la protection, l’éducation, la sécurité alimentaire et la résilience économique (« livelihood »). Ce travail réalisé afin de promouvoir la justice sociale pour tous et d’assurer la cohésion sociale avec les populations vivant au Liban est notamment illustrée par la nomination d’Amel, pour la troisième année consécutive, pour le prix Nobel de la paix.

 Le domaine de l’enfance est un des volets majeurs de l’action d’Amel sur le terrain. En effet, ses équipes sont engagées pour la protection de tous les enfants, incluant les réfugiés, contre toute forme de violence. Dans ce cadre, l’une des priorités d’Amel est de créer des environnements sains dans les centres et sur le terrain afin de permettre le développement des enfants, ainsi que leur bien-être physique et mental. En outre, lorsque des cas d’enfants en situation de grande vulnérabilité sont identifiés, Amel les confie à des individus chargés de protection de l’enfance et de soutien-psychosocial ou les réfère à des organismes spécialisés.

 La mission d’Amel est de lutter contre l’exclusion des enfants et d’intégrer les populations marginalisées à la société à travers divers programmes, associations, institutions et écoles.

Protection : enfants vulnérables en situation de rue

Selon l’organisation Humanium, malgré le fait que le travail des enfants soit interdit par loi au Liban, les standards de protection légale ne sont pas appliqués.[8] En plus des enfants réfugiés en situations de rue et/ou travaillant contre un salaire dérisoire, environ 7 % des enfants libanais travaillent.[9] La majorité des enfants en situation de rue mendient, vendent des objets, ou collectent des déchets, travaillant en moyenne 8,46 heures par jour, 6 jours par semaine.[10] Il a été rapporté par Humanium que certains enfants travaillaient jusqu’à 16 heures par jour, tous les jours. Cette dure réalité ne fait qu’amplifier le traumatisme qu’ont subi les « enfants de la guerre » maintenant « enfants de la rue ».

L’un des principaux obstacles qu’Amel et d’autres organismes rencontrent est l’absence d’alternatives à ce travail et aux revenus qu’il génère, souvent essentiel à la survie de la famille (peu d’opportunités professionnelles pour les parents, notamment pour des emplois non qualifiés, salaires dérisoires, contraintes légales d’accès à l’emploi des réfugiés syriens, etc.). De plus, de nombreux enfants subissent différentes formes de violence physique ou morale, sont exploités et sont mariés de force aux dépens de leur scolarisation. Les jeunes filles sont particulièrement exposées à la violence liée au genre. Selon l’UNFPA, 24% des jeunes filles réfugiées au Liban entre 15 et 17 ans sont mariées.[11]

 Toutefois, la société civile met en place différentes initiatives afin de répondre à la détresse vécue par ces enfants et leurs proches. A titre d’exemple, Amel a établi un programme de protection de l’enfance dont les activités psychosociales ont bénéficié à plus de 5000 enfants en 2018. Le soutien psychosocial des enfants de 6 à 16 ans se concentre essentiellement sur le bien-être émotionnel, à travers des activités en groupe abordant des sujets comme la communication, l’amitié, l’identification des sentiments etc. De plus, plus de 6000 adultes ont bénéficié des sessions de compétences parentales, organisées afin d’améliorer la communication entre les parents et les enfants en situation de crise.[12] Ces activités offrent aussi aux parents un espace sûr et confidentiel où ils peuvent discuter avec d’autres parents de problématiques communes, en présence d’une assistante sociale.

 La santé en danger : service mobile d’aide à l’enfance

Il est indéniable que la plupart des enfants affectés par la crise syrienne et vivant au Liban souffrent des affres de la guerre et notamment en termes de santé, ce qui inclut leur situation psycho-sociale. L’environnement nocif dû à la pollution et aux conditions de vie insalubres contribue également à la fragilité des enfants (fort taux d’humidité, absence d’isolation thermique, d’accès à l’eau potable, provoquant des diarrhées et autres problèmes intestinaux, insécurité alimentaire, travail de rue avec inhalation prolongée des gaz d’échappement, etc.).

 Il faut par ailleurs noter que l’accès aux services de santé, qu’ils soient d’ordre primaire ou mental, connait de nombreuses contraintes. Ainsi, l’exclusion géographique est l’un des principaux obstacles à l’accès aux services. Les personnes les plus vulnérables, vivant souvent dans des zones particulièrement marginalisées et quasiment dépourvues de services de proximité, rencontrent des difficultés d’accès aux transports pour des raisons financières, ou pratiques (peur des barrages militaires, absence de documents d’identité, etc.), et ne se rendent de fait pas ou peu vers les centres. Cependant, plusieurs ONGs sont mobilisées afin d’informer et d’accompagner les enfants et leurs familles sur le plan physique et moral, ainsi que d’assurer un rôle de médiation avec les services spécialisés.

 Par exemple, l’Équipe Mobile d’Aide (EMA) mise en place par Amel et le Samusocial International (SSI) fournit un soutien médical et psychosocial pour les « enfants des rues » et leurs familles dans la « banlieue Sud de Beyrouth ».[13] Son objectif est d’aller vers les populations les plus marginalisées. Ce programme se concentre sur les enfants dits « en situations de rue ». Il met en pratique la méthodologie du SSI « d’intervention en rue » auprès d’un public en situation de grande exclusion.

 L’EMA est composée de deux assistantes sociales, de deux infirmières, d’une psychologue et de deux conducteurs/accueillants sociaux. Elle intervient exclusivement via une approche de terrain et se rend directement dans les rues afin d’aller vers les enfants les plus vulnérables. Les professionnels de l’EMA identifient leurs besoins médicaux et psychosociaux, et les accompagnent vers les services appropriés (médicaux, sociaux, psychosociaux, éducatifs…). Les temps de maraudes (ou activités de prospection) tôt le matin (à partir de 6h du matin) et tard le soir (jusqu’à 22h00) permettent également de cibler les enfants les plus vulnérables et les plus exposés en rue.

 Ainsi, plus de 450 personnes en situation de grande vulnérabilité ont bénéficié de ce programme depuis juillet 2018. Les enfants identifiés en rue ayant quasiment tous une attache familiale, ce projet inclut également leur famille : des sessions d’information et de sensibilisation sur divers sujets leur sont proposées (sécurité, hygiène, compétences parentales, etc.) ainsi que des prises en charge adaptées suivant leurs besoins spécifiques.

 Opportunités d’avenir : programmes d’éducation

Le droit à l’éducation est un droit fondamental, et devrait être assuré pour tous les enfants sans discrimination. Cependant, au Liban de nombreux enfants n’ont jamais été à l’école ou sont en situation de décrochage scolaire.[14] Cette situation a été exacerbée par la crise syrienne. Les élèves scolarisés sont souvent confrontés à des difficultés à suivre le rythme scolaire, non seulement à cause des différences entre les programmes syriens et libanais (cursus bilingue), mais aussi à cause des transports publics, de la discrimination et des difficultés économiques. Ces obstacles auxquels font face des familles syriennes précipitent les jeunes sur le marché du travail aux dépens de la poursuite de leurs études si bien que 60% des réfugiés syriens de 15-17 ans ne sont plus scolarisés.

C’est pourquoi la jeunesse syrienne exilée est souvent qualifiée de « génération perdue ».

 Afin de pallier ce manque d’accès à l’éducation, Amel a mis en place un programme qui vise à soutenir les enfants et adolescents les plus vulnérables et assurer leur accès, maintien et succès à l’école ainsi que différentes activités éducatives.[15] Ce programme contient trois volets : l’aide au devoir, le soutien en termes d’alphabétisation pour les jeunes en décrochage scolaire et les activités mobiles « Bus Amel ».

 En plus d’une solution politique à la crise syrienne, c’est une véritable vision sociale qui manque au Liban. En effet, aujourd’hui les besoins dépassent de loin les moyens. Le rôle du gouvernement est d’instaurer des politiques sociales afin d’aider à l’insertion des populations les plus vulnérables et de s’assurer que l’obligation d’aller à l’école soit respectée pour tous les enfants. Travailler avec les couches populaires pour lutter contre les facteurs structurels causant la vulnérabilité chronique de l’enfance, tels que la pauvreté, le trafic, le crime organisé, l’exploitation, la discrimination et le mariage précoce devrait être une priorité. Enfin, il relève aussi de la responsabilité politique de développer des initiatives permettant d’augmenter l’accès à l’éducation, notamment dans un cadre non-formel (soutien scolaire, programmes d’apprentissage accélérés) et protégé.

 En parallèle, il est urgent que la société civile travaille sur les alternatives possibles au travail des enfants. Par exemple, proposer des formations professionnelles aux jeunes et aux parents ou développer les programmes de réinsertion scolaire. Dans le contexte actuel, considérer de façon plus systématique les approches mobiles, favoriser le concept « d’aller-vers » et les actions de terrain afin d’aller à la rencontre des personnes en situation d’exclusion sociale est aussi nécessaire. De plus, les associations locales et internationales doivent encore renforcer davantage sur les prises en charge en termes de santé mentale (cas d’abus, de violence, de traumatisme, etc.). Des suivis personnalisés adéquats ne se feront pas sans un climat de collaboration et de solidarité entre les différents acteurs à chaque niveau (national, associatif, communautaire) afin d’établir un agenda commun et de renforcer collectivement l’accès à l’éducation et à la santé dans les zones marginalisées. Enfin, le rôle des associations et celui des citoyens est aussi de réitérer l’urgence de défendre les droits des enfants auprès des autorités libanaises, et d’encourager le Liban à renouveler son engagement à combattre les pires formes de travail des enfants.

 Plus généralement, le monde de l’humanitaire et en particulier l’urgence, les services, le développement et le plaidoyer, doivent suivre la feuille de route suivante :

 1)    Travailler avec les couches populaires, car il n’y a pas de démocratie sans développement.

2)    S’engager pour la cause juste des peuples à travers le monde, à commencer par la Palestine.

3)    Combattre le système de “deux poids deux mesures”, particulièrement présent dans les relations entre le Sud et le Nord.

4)    Lutter pour une répartition équitable des richesses à l’échelle nationale et sur le plan international.

5)    Lutter pour l’établissement d’un Etat social et d’une justice sociale qui s’étendent à tous les pays.

 Conclusion

 Amel ne croit pas en l’idée d’une génération perdue. Si aujourd’hui des enfants travaillent pour survivre plutôt que d’apprendre pour vivre, c’est moins par indifférence que par volonté politique. La jeunesse syrienne n’est pas et n’a jamais été perdue, elle est délaissée. Sans éducation, la lutte contre l’obscurantisme, le radicalisme et la violence est perdue d’avance. Il relève donc d’une responsabilité, d’un devoir universel d’accorder l’éducation aux enfants de ce monde, peu importe leur langue, pays d’origine, appartenance ou religion. Et nous pouvons et nous devons nous en donner les moyens ! La mondialisation et les nouvelles technologies permettent aujourd’hui plus que jamais d’acheminer aux enfants les connaissances et les compétences qui façonnent la tolérance et la quête d’un monde meilleur. Ainsi, même dans les zones les plus marginalisées la jeunesse a soif d’apprendre. Délaisser les enfants aujourd’hui, c’est se désengager du monde.

 En tant qu’organisation non-gouvernementale et non-confessionnelle, Amel porte le développement et la protection de chaque enfant comme des valeurs fondamentales. A travers ses actions, l’association démontre au jour le jour qu’on reconnaît la valeur et la grandeur d’un pays à la manière dont il considère équitablement sa population. Amel est en première ligne de la création de programmes éducatifs et d’activités ludiques novatrices qui ouvrent aux jeunes des perspectives d’avenir. Cependant, les sociétés civiles seules ne peuvent mener à bien cette mission. Ces horizons prometteurs ne s’ouvriront réellement qu’en rassemblant les acteurs internationaux autour d’une même table afin de trouver des solutions politiques aux guerres qui font rage, à commencer par la Syrie. Ces mêmes acteurs devraient faire de la prévention des conflits une priorité et régler les causes profondes des instabilités politiques et socio-économiques. Tel consensus n’ira pas sans le développement de partenariats équitables entre le Sud et le Nord, sans le rejet du néo-colonialisme, sans la défense d’une juste paix et une meilleure répartition des richesses dans un monde où les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent.

 C’est en reconnaissant les besoins des populations exilées et de la société d’accueil, et en réduisant l’impact dramatique de la crise Libanaise en aidant le Liban qui aide la Syrie, que l’action humanitaire pourra efficacement contribuer à plus de justice sociale, notamment pour la jeunesse. C’est aussi en soutenant des approches et projets innovants tels que le partenariat Amel-Samusocial International et le Mouvement euro-méditerranéen de solidarité avec les personnes en exil[16]que les sociétés civiles s’imposeront comme des acteurs incontournables de la lutte contre le populisme, l’islamophobie et la xénophobie. Comme le démontrent ces initiatives, il est crucial que les organisations humanitaires travaillent pourl’efficacité et non pour la visibilité.

 Ainsi, et parce que nous vivons dans un seul monde avec un seul futur, grâce aux efforts collectifs actuels, et en développant davantage les valeurs de solidarité chaque enfant deviendra ambassadeur des causes justes. Chaque enfant souhaitera œuvrer à sa manière et à son échelle pour la paix de sa famille, de sa communauté, de son pays. Chaque enfant sera capable de prendre sa vie en main et de faire ses propres choix. C’est cet objectif qu’Amel souhaite atteindre, notamment avec la jeunesse syrienne en exil au Liban et ce, afin que l’espoir et l’éducation guident leur futur.


[1]https://www.lorientlejour.com/article/1089759/plus-de-la-moitie-des-refugies-syriens-au-liban-vivent-dans-une-extreme-pauvrete-selon-lonu.html

[2]http://www.samu-social-international.com/site/samusocial-liban/

[3]https://reliefweb.int/report/syrian-arab-republic/3rp-regional-refugee-and-resilience-plan-2018-2019-response-syria-crisis

[4]https://www.unicef.org/lebanon/Final_Study_SBC_En.pdf

[5]https://lebanon.savethechildren.net/sites/lebanon.savethechildren.net/files/library/STC_Annual%20Report%202017_English_2.pdf

[6]http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_345015/lang–fr/index.htm

[7]https://www.unicef.org/lebanon/Final_Study_SBC_En.pdf

[8]https://www.humanium.org/fr/les-enfants-des-rues-au-liban/

[9]https://www.humanium.org/fr/liban/

[10]https://www.humanium.org/fr/les-enfants-des-rues-au-liban/

[11]https://www.unfpa.org/news/new-study-finds-child-marriage-rising-among-most-vulnerable-syrian-refugees

[12]http://amel.org/child-labor-forced-marriage-violence-amel-struggles-for-the-childrens-rights/

[13]http://amel.org/projects/protection-mobile-unit/#1502467053760-d3266c31-a659

[14]http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—arabstates/—ro-beirut/documents/publication/wcms_344799.pdf

[15]http://amel.org/programs/education-and-child-protection/

[16] https://french.amel.org/4e-conference-et-visite-terrain-mettre-fin-a-lexclusion-des-plus-vulnerables-solidarite-humanite-et-dignite-avec-les-personnes-en-situation-dexil/

 

 

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