Amel France tient son assemblée générale annuelle à Grenoble et organise à Paris une exposition en solidarité avec le Liban

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Paris a accueilli une réunion des représentants de Amel Association International, en présence du Dr Kamel Mohanna, président de l’association et coordonnateur général du Réseau des ONG Libanaises et Arabes, du Dr Albert Jokhdar, vice-président, et de Virginie Lefèvre, membre du conseil d’administration et directrice des programmes et des partenariats d’Amel Liban. Les discussions ont porté sur le développement de l’association Amel au niveau international, sur le combat pour faire évoluer les politiques mondiales en faveur des peuples, ainsi que sur les réponses urgentes à apporter aux problèmes qui menacent l’avenir de l’humanité, tels que la multiplication des conflits, des guerres et des épidémies, face au néo-colonialisme et autres formes de domination. 

Les représentants des différentes antennes d’Amel international ont ainsi évoqué l’extension des activités de l’association en Europe, en Afrique et en Asie du Sud-Est, afin de diffuser le modèle pionnier d’action humanitaire véhiculé par Amel sur le terrain depuis plusieurs décennies. Les évolutions possibles de l’action humanitaire, qui doit demeurer fondée sur la garantie des droits fondamentaux des populations, ont également été abordées. Alors que les valeurs de solidarité et d’humanisme sont en déclin en Occident, Amel est la première organisation humanitaire à prôner le partage d’expérience entre le Nord et le Sud, afin de lutter ensemble pour construire un monde plus juste et plus humain. L’association œuvre également à l’élaboration d’une conception nouvelle du travail humanitaire, aujourd’hui technique, tourné vers la défense de certains intérêts ou empreint d’une forme de néo-colonialisme. Il s’agit à l’inverse de refonder l’action humanitaire sur la solidarité et la dignité humaine, sur le rejet des doubles standards, en particulier entre le Nord et le Sud, et de s’engager pleinement pour les causes juste des peuples, notamment la cause palestinienne, qui doit constituer le cœur de toute action humanitaire. 

Le Dr Mohanna, le Dr Jokhdar et Virginie Lefèvre ont également participé au colloque « Le Liban entre crise et engagement humanitaire », organisé par Amel France en partenariat avec l’Action Solidarité pour le Développement Humain (ASODH). A cette occasion, Guy Causset, président d’Amel France, Virginie Troit, Fondation Croix-Rouge française, Bernard Kouchner, co-fondateur de MSF et MDM, et ancien ministre, Patrick Aeberhard, ancien président de MdM, Jean-Paul Chagnollaud, iReMMO, Majed Nehmé, directeur de rédaction d’Afrique-Asie, Fayçal Jalloul, écrivain, Sophie Alary, MdM, Christophe Lafforgue, ASODH, Marc Lavergne, chercheur, ainsi que de nombreuses autres personnalités, emmenées par le Dr Kamel Mohanna, ont appelé l’Europe à respecter les lois qu’elle prétend protéger et à mettre fin à sa politique isolationniste et populiste, afin de tendre la main et venir en aide aux migrants et aux réfugiés dans l’attente de solutions politiques. Tous ont également insisté sur la nécessité de soutenir le Liban, qui en accueillant un grand nombre de personnes déplacées et de réfugiés dans un contexte de crise économique sans précédent depuis la fondation du Grand Liban en 1920, porte un trop lourd fardeau. 

Le Dr Mohanna a pris la parole pour évoquer l’importance d’un juste équilibrage des partenariats entre les pays du Nord et du Sud, et la nécessité de centrer le travail humanitaire sur la réduction des inégalités dans le monde. Amel représente un modèle d’engagement indépendant et une force de changement dans le monde entier, et a été nominée à six reprises pour le prix Nobel de la paix, en raison de sa présence sans relâche aux côtés des populations vulnérables. La philosophie d’Amel qui est parvenue à s’imposer sur le terrain depuis 40 ans et sa feuille de route s’appuient sur six points fondamentaux qui guident son action : l’engagement envers les causes légitimes des peuples, au premier rang desquelles la cause palestinienne, la nécessité de rejeter les doubles standards entre le Nord et le Sud, la lutte pour une répartition équitable des richesses, l’établissement d’un État de justice sociale et la lutte pour faire face aux dangers du changement climatique. L’association peut pour cela s’appuyer sur 30 centres médicaux-sociaux, 6 cliniques mobiles, 2 unités mobiles d’éducation et une unité de soins dédiée aux enfants des rues, grâce au soutien et à l’engagement de 1 400 travailleurs et volontaires, issus de la jeune génération, hommes comme femmes, tous s’appuyant sur des outils, une morale et un engagement en faveur de l’être humain.

Le Dr Mohanna a en outre souligné à quel point la pandémie de Covid-19 avait mis en lumière la faiblesse des systèmes de santé et l’importance des « armées blanches » dans le monde, ainsi que les formes de discrimination dans l’accès aux vaccins, notamment dans les pays du Tiers monde. Le droit à la santé est un slogan retentissant, mais qui ne reflète en rien la réalité sur le terrain. La communauté internationale se concentre pour sa part sur les questions de démocratie et de genre, alors que l’écart entre les riches et les pauvres se creuse chaque jour davantage.

De nombreux invités ont fait part de leur témoignage concernant Amel, qui constitue selon eux un modèle d’action humanitaire mise en œuvre pour le peuple et par le peuple, quelles que soient les épreuves. De son côté, Bernard Kouchner a exprimé le souhait qu’Amel soit reconnue pour son engagement en faveur de la dignité humaine, en étant récompensée au cours des prochaines années du prix Nobel de la paix.

A l’occasion de cette conférence, une exposition de dessins de l’artiste Bertille de Salins, bénévole au profit de Amel International, a également été présentée. S’inspirant de la crise économique et sociale au Liban, exacerbée par la pandémie de COVID et l’explosion du Port de Beyrouth, l’artiste raconte son voyage et son expérience aux côtés d’une équipe d’Amel sur le terrain. 

À Grenoble, Kamel Mohanna et Virginie Lefèvre ont en outre participé à l’assemblée générale annuelle d’Amel France. Au premier plan de l’ordre du jour figurait la création de centres supplémentaires dédiés aux travailleurs dans les régions populaires de France afin de soutenir les populations marginalisées, de réfugiés, d’immigrés, ainsi qu’un temps d’échanges sur les missions de solidarité menées par Amel France en Grèce, en Pologne et en France en solidarité avec les groupes sociaux les plus vulnérables et en réponse aux conséquences des conflits sanglants qui se multiplient dans le monde. 

Selon le Dr. Mohanna, Amel, qui s’est imposé comme un mouvement de libération pour les peuples, offre au monde une nouvelle voie basée sur les approches de la dignité et de la solidarité, plutôt que sur la pitié et la supériorité. Toute action humanitaire qui ne vise pas l’autonomisation des personnes en leur donnant les moyens de prendre leur destin en main ne peut être libératrice