Mémorandum appelant à un cessez-le-feu à Gaza

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Dar Nelson, Amel Association International et Beit Atfal Al-Samoud remettent un mémorandum à l’attention du Secrétaire général des Nations-Unies appelant à un cessez-le-feu à Gaza

Kassem Aina, président de l’association Beit Atfal Al-Samoud, Suleiman Bakhti, directeur de la maison d’édition Dar Nelson, et le Dr. Kamel Mohanna, président-fondateur d’Amel Association International et coordinateur général du Collectif des ONG libanaises et arabes, ont remis un mémorandum adressé au secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, appelant à un cessez-le-feu à Gaza. L’enclave palestinienne est en effet l’objet de violations systématiques et répétées du droit international humanitaire. Le mémorandum demande en outre que la Cour Pénale Internationale se saisisse de ces violations, que cesse le déplacement contraint des populations de Gaza du Nord vers le Sud et que des couloirs humanitaires soient mis en place.

« À Son Excellence le Secrétaire général des Nations-Unies, Monsieur Antonio Guterres, pour exiger un cessez-le-feu à Gaza et la poursuite en justice des violations israéliennes.

Votre Excellence, Monsieur le Secrétaire général,

Nous vous écrivons pour exprimer notre profonde inquiétude et vous appeler à prendre les mesures appropriées et à mobiliser un soutien international en faveur de la mise en œuvre d’un cessez-le-feu, face aux violations odieuses du droit international et humanitaire à Gaza et dans les Territoires palestiniens. Ces violations génèrent chaque jour des milliers de victimes, parmi lesquelles des enfants, des femmes et des personnes âgées, alors que les Nations Unies ont mis en garde contre une pénurie d’eau, de nourriture, de carburant, de matériel médicale, ou encore de sacs mortuaires, en raison du blocus imposé à la bande de Gaza.

Cette guerre a entraîné la mort de 6 546 personnes à Gaza en moins d’un mois, dont 2 704 enfants, 1 584 femmes et 364 personnes âgées. De plus, plus de 17 000 personnes ont été blessées, et plus de 200 000 logements ont été détruits ou endommagés. Quelque 115 attaques ont été menées contre des installations médicales, 12 hôpitaux et 21 centres de santé ayant été mis hors d’état de fonctionner en raison des bombardements. Plus de 1 600 personnes demeurent portées disparues sous les décombres, dont 750 enfants. 17 mosquées, une église et plusieurs écoles ont été détruites. Que se passerait-il si cette guerre devait continuer ?

Des organisations médicales et humanitaires opérant à Gaza ont alerté sur les risques de déshydratation sévère encourus par les enfants de l’enclave palestinienne, alors que le secteur de la santé, pris pour cible, s’est effondré. De grandes parties de Gaza sont en ruines, et les habitants du nord de l’enclave ont été déplacés. Pourtant, Israël continue de prendre pour cible les populations civiles, violant par là-même toutes les lois internationales et humanitaires en vigueur, avec le soutien de certaines grandes puissances.

L’annonce du ministère palestinien de la Santé concernant l’effondrement du système de santé à Gaza devrait provoquer une prise de conscience internationale. Si rien n’est fait, les blessés, y compris les enfants, les femmes et les personnes âgées, perdront tout accès aux soins. Les patients atteints de cancer devront interrompre leur traitement, y compris les séances de chimiothérapie, tandis que ceux atteints de problèmes rénaux seront privés de dialyse. Des centaines d’enfants malnutris sont en danger, des milliers de blessés resteront avec des plaies ouvertes, et les hôpitaux de Gaza se transformeront en fosses communes en quelques heures. Parallèlement, Israël continue de menacer quotidiennement les hôpitaux. Des évacuations de masse sont aussi ordonnées alors que nous ne pouvons que nous indigner du bombardement odieux de l’Hôpital baptiste arabe Al Ahli, qui a coûté la vie à plus de 700 personnes qui y cherchaient refuge.

Le système d’apartheid imposé aux Palestiniens en Cisjordanie, qui sont plus de 100, notamment des enfants, à avoir péri sous le feu d’Israël au cours des deux dernières semaines, et le siège illégal imposé à Gaza depuis 16 ans, associés au blocage de l’aide humanitaire, constituent des crimes contre l’humanité qui nécessitent la convocation d’une session urgente du Conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies pour traiter de ces violations qui contribuent à l’embrasement d’une guerre et menacent la stabilité de toute la région.

L’échec à résoudre la question palestinienne après 75 ans de souffrance et de déplacement, le double-standard continuel, le silence international sur les pratiques cruelles et racistes contre les Palestiniens, l’échec à reconnaître les droits du peuple palestinien et à les soutenir dans la création d’un État indépendant, et à mettre fin à des décennies d’occupation conformément à toutes les résolutions et décrets des Nations-Unies, sont tragiques. Nous vous exhortons à veiller à ce que la création d’un État palestinien, la fin de l’occupation et l’application du droit international soient au cœur de ce processus.

En tant qu’acteurs humanitaires mondiaux, nous appelons les Nations-Unies à faire pression sur les alliés d’Israël, y compris les États-Unis et le Royaume-Uni, afin que les mesures nécessaires soient prises afin de protéger les civils à Gaza, de stopper toute livraison d’armes et de matériel militaire à Israël, d’empêcher les déclarations politiques qui légitiment les violations israéliennes, et de convaincre Israël d’accepter un cessez-le-feu et une trêve humanitaire et de lever le blocus illégal imposé à la bande de Gaza.

Israël outrepasse ouvertement plus de 12 accords internationaux, décisions et textes juridiques émis par les plus hautes instances internationales, et signés par plus de 170 pays. Il s’agit notamment des quatre Conventions de Genève, en particulier celles concernant le ciblage de civils innocents, d’installations de santé, d’organisations humanitaires et de journalistes, sans mentionner les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies et la résolution de 2004 de la CPI concernant la barrière de séparation, connue sous le nom de « Décision de La Haye », ou encore de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Nous assistons à une catastrophe, face à laquelle, en tant qu’acteurs humanitaires, nous ne pouvons rester silencieux. Nous sommes responsables devant les lois que nous avons approuvées, devant notre conscience et devant l’histoire, de travailler avec diligence pour mettre fin au conflit et empêcher l’éclatement d’une guerre qui pourrait dégénérer en un conflit régional ou mondial. Ceci est particulièrement important compte tenu des menaces qui pèsent sur notre planète et des rêves que nous avons de construire un monde plus juste et plus humain. À travers vous, nous en appelons à toutes les parties au conflit et aux différents États-membres influents, à tous les chefs d’État, au Conseil de sécurité des Nations-Unies ou à toute autre entité pertinente, pour convenir d’urgence d’un cessez-le-feu humanitaire, ayant pour objectif prioritaire la préservation de la vie humaine.

Pendant ce cessez-le-feu, nous appelons toutes les parties à :

  • Faciliter la livraison de l’aide humanitaire, incluant la nourriture, le matériel médical et le carburant, ainsi que la restauration de l’électricité et d’Internet à Gaza, et garantir le passage des travailleurs humanitaires et médicaux en toute sécurité.
  • Libérer tous les otages civils, en particulier les enfants et les personnes âgées, par toutes les parties.
  • Autoriser l’accès des convois humanitaires aux installations des Nations-Unies, aux écoles, aux hôpitaux et aux établissements de santé dans le nord de Gaza, en s’engageant à les protéger.
  • Révoquer les ordres d’Israël concernant l’évacuation des civils du nord de Gaza.
  • Traduire les responsables israéliens devant la Cour Pénale Internationale.
  • Permettre l’évacuation des patients gravement malades pour recevoir les soins nécessaires dans les pays voisins.
  • Prendre des mesures immédiates pour assurer la mise en œuvre du cessez-le-feu. Cette responsabilité doit être assumée par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, le Secrétaire général des Nations-Unies et tous les dirigeants mondiaux influents.

Le cessez-le-feu est la seule solution pour éviter une catastrophe humanitaire d’ampleur, susceptible de toucher de nombreux pays, et pour empêcher de nouvelles pertes de vies innocentes et de tragédies. L’absence d’action en ce sens laissera à jamais une tâche sur notre conscience collective.

Avec nos remerciements et notre appréciation,

 

Signé par les parties au mémorandum :

Maison d’édition Dar Nelson

Beit Atfal Al-Sumoud

Amel Association International »